13 juil. 2017

#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #38



Le #JeudiAutoEdition est un rendez-vous que je suis de très près depuis un petit moment et n'ayant pas toujours une lecture sous la main, je préfère mettre en avant un ou une auteur(e) auto-édité(e), ce qui, je l'espère, vous permettra de le ou la connaître un peu plus et pourquoi pas, la curiosité fera le reste ... 





Cette semaine, c'est au tour de Chris Simon

Chris Simon


Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)

J’ai grandi à Paris, vécu à New York, j’ai eu des chats, trois chiens, déménagé des dizaines de fois. J’ai un Bachelor’s Degree en littérature et écriture avec une option Cinéma (équivalent d’une licence). J’écris depuis une vingtaine d’années, nouvelles, scénarios, séries et romans maintenant ! Et j’aime ça.




Quel est votre univers livresque ?

Il est vaste, car je lis en français et en anglais et j’ai lu tous les genres sauf la Fantasy qui ne m’attire pas et les thrillers violents ou livres d’horreur, ça me ferait faire des cauchemars donc je n’en lis pas. Il y a une auteure que j’admire, c’est Toni Morrison. Elle est pour moi à la fois un modèle et un exemple autant sur le plan humain que littéraire. Et j’aime les auteurs scénaristes comme Raymond Chandler, Nabokov…



Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ?

D’abord, les poètes Rimbaud, Whitman, Verlaine et tous les autres qui viennent après, je lis aussi les poètes contemporains… Pour moi, la poésie est source d’inspiration, de bien-être… Ensuite, bien sûr, les nouvellistes des amériques (anglophones et hispanophones) et les romanciers francophones et anglophones.




Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ?

En fait, écrire ne sert à rien dans le sens que ça n’a pas une utilité pratique, cependant, écrire permet parfois de partager sa vision du monde avec des inconnus, d’aider les autres à mieux comprendre le monde. L’écriture possède ce pouvoir quand elle est réussie. Si je peux partager quelque chose avec quelqu’un à l’autre bout du wagon dans lequel je voyage ou à l’autre bout du monde, ça me fait plaisir, mais en plus ça me parait important.



Comment s'est déroulée l'écriture du roman (ou des romans) ?

Avec peine, j’ai des périodes douloureuses dans lesquelles rien ne vient, ou si ça vient, c’est par 300 mots à la fois… Et puis soudain, ça se débloque et alors là, c’est un grand plaisir d’écrire. J’écris plutôt lentement. J’ai mis trois ans à écrire Mémorial tour et pourtant, il ne fait que 160 pages. Je retravaille beaucoup en fait et je prends du temps pour laisser reposer. Il me faut du temps pour être un peu près satisfaite d’un de mes textes.




Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?

Comme j’écris des séries, je m’impose un calendrier afin que les lecteurs n’attendent pas trop longtemps la prochaine saison. Pour les romans, et même les séries, quand je suis dans la phase d’écriture du premier jet, je m’impose un minimum de mots, entre 500 et 1 000, sinon je n’avancerai pas (car il y a des périodes ou la séance d’écriture se solde par un « 280 mots »). La plupart du temps, je construis une vague trame et les personnages principaux en amont de cette phase d’écriture. Par exemple, ces jours-ci, je consacre beaucoup de temps à tourner et retourner les événements de la saison 3 de Brooklyn Paradis dans ma tête et j’écris peu, uniquement les scènes qui viennent et semblent indispensables.




Pourquoi avoir choisi l'auto-édition ?

Depuis 2011, je m’auto-édite. Si au départ, je l’ai fait d’une part par curiosité pour cette nouveauté qu’était le livre numérique et d’autre part parce que les éditeurs ne publiaient pas ce que j’écrivais à l’époque, essentiellement des nouvelles ; aujourd’hui, j’y ai pris goût et je m’autoédite par choix. J’aime toutes les étapes de l’autoédition, même si certaines demandent des compétences précises qu’il m’a fallu acquérir. L’autoédition m’a beaucoup appris, m’a donné confiance en moi en tant qu’auteur, la rencontre avec les lecteurs et/ou les blogueurs comme toi m’a changé. C’était donc un choix naturel pour moi d’autoéditer mon deuxième roman Mémorial tour, je n’ai même pas pensé à l’envoyer aux maisons d’édition, même si quelques amis qui avaient lu une première version m’avaient conseillé de le faire. Je n’avais pas envie d’attendre. Le roman a reçu un prix un salon du Livre Paris par Amazon et s’est vendu autour de 1 000 exemplaires ce qui est tout à fait honorable pour un premier roman autoédité sur un sujet qui n’est pas grand public. Et il continue d’être lu sur les diverses plateformes numériques, il est distribué par Bookelis, on le trouve donc partout. Je crois qu’aujourd’hui s’autoéditer est sans doute la meilleure façon d’intéresser un éditeur.




Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.

Le premier retour négatif est super difficile à accepter. Ça fait un choc, car il n’y a pas de préparation pour l’exposition telle qu’elle existe aujourd’hui. Les lecteurs commentent, ils en ont la possibilité. À travers son livre, un auteur s’expose, et bien sûr, la douche froide est vraiment glacée. J’ai passé cette étape du choc, aujourd’hui les commentaires négatifs ne m’atteignent pas. Je prends note parfois d’une critique ou d’une suggestion qui me semble construite et me permet d’améliorer, c’est tout. En fait, j’ai une technique, si je tombe sur une critique négative sur mon dernier livre, je lis derrière au moins trois critiques hyper positives et je passe a autre chose… En ce qui concerne les retours positifs, ce n'est que du bonheur. Ils ont bien sûr un impact plus important et donc sont plus efficaces, car je les lis plusieurs fois et tout commentaire qui remet en cause un détail du livre sera bien sûr considéré sans aucune retenue, sans aucune crainte ou méfiance. Vive les critiques et retours constructifs. 




Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?

Pour mes séries, j'ai fait la création des couvertures, mais, je me fais aider pour la réalisation de la couverture papier. Je suis limitée par deux choses, je ne suis pas graphiste et j’ai des outils assez rudimentaires, je vais donc à l’essentiel, mais je songe pour mon prochain roman à faire faire aussi le graphisme, comme je l’ai fait pour Mémorial tour. La couverture est le premier contact avec le lecteur. C’est donc hyper important.




Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Tu vas peut-être penser que je suis perchée, mais je considère mes personnages comme des êtres vivants. Hélène Pernollet dans Mémorial tour est aussi vivante que toi, ou encore le psy de Lacan et la boîte de Mouchoirs ou Maxime ou Judith, tous deux des patients. Courtney Burden de Brooklyn Paradis passe pas mal de jours et soirées avec moi, si je puis dire. Je passe tellement de temps avec mes personnages, à les questionner sur leurs motivations, sur ce qui les guide dans la vie. Des fois, je me dis que je passe plus de temps avec mes personnages qu’avec mes amis. Tout ce que j’espère, c’est qu’ils deviennent aussi vivants aux yeux des lecteurs.




Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?

Je suis en train d’écrire la saison 3 de Brooklyn Paradis. Et je commence à traduire en anglais la saison 1 de Lacan et la boîte de mouchoirs. J’ai aussi un thriller historico-politique que j’aimerais reprendre et finir, mais je crois que ce ne sera pas avant la fin de Brooklyn Paradis, qui devrait se terminer au printemps 2018.




Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?

Continuer d’écrire envers et contre tout ce qui vous en empêcherait. Ne vous découragez pas. Cultivez la patience et la persévérence.


Un petit mot pour la fin ?

Merci Audrey de m’offrir un peu d’espace et du temps sur ton blog.


• Bonus •

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